mardi 7 juin 2011

Consommation


PRODUITS ALIMENTAIRES: LES PRIX JOUENT LES MONTE-EN-L’AIR MASQUÉS

Article paru dans FO Hebdo n°2991

La cherté de bon nombre de produits alimentaires va aller de pis en pis. La grande distribution l’a annoncé en long et en large dans les médias pour les semaines à venir mais ne s’est guère vantée d’avoir déjà commencé à augmenter considérablement les prix et cela d’une manière peu visible pour la plupart des consommateurs selon une enquête publiée dans le dernier numéro du magazine 60 millions de consommateurs.


De début novembre à fin avril ont ainsi augmenté pas moins des deux tiers des produits composant un panier de 92 références suivies par le magazine de l’Institut national de la consommation (INC). Des hausses supérieures à 3% en moyenne ont été enregistrées concernant farine, café, jus de fruit, produits laitiers et poissons surgelés... Elles peuvent même aller jusqu’à 20% dans certains magasins pour des lardons fumés.


Pour monter les prix sans que cela soit trop visible deux méthodes sont utilisées. La première consiste, après une période de promotions, à augmenter les prix à un niveau supérieur à ceux pratiqués avant ces dernières. La seconde réside, ni plus ni moins, dans la modification de la quantité ou de la qualité, parfois d’un ou plusieurs ingrédients. Ce que l’on appelle «l’inflation masquée»: des boîtes de poisson pané passent de 20 bâtonnets à 18. Un format de boisson de petit-déjeuner passe de 250 g à 260 g avec une augmentation de 1,43 euros pour ces 10 grammes supplémentaires, ce qui revient à augmenter de 30% le prix au kilo. De telles manipulations ont été rendues grandement possibles par l’application en France de la directive européenne déréglementant les formats d’emballage (2007/45/CE). Un sursis a été accordé pour le lait, le beurre, les pâtes alimentaires sèches et le café jusqu’au 11 octobre 2012 (octobre 2013 pour le sucre blanc). Bref, un examen attentif des étiquettes s’avère nécessaire pour éviter de payer plus pour acheter moins.


RÉFORMISTES ET REBELLES

Éditorial de Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 1 juin 2011

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly


Depuis 2007, année où la crise a éclaté, nous expliquons que cette dernière est profonde, que c’est une crise du capitalisme et qu’il est dès lors essentiel, pour en sortir réellement, de revoir le modèle.

Cela signifie en particulier de s’attaquer à trois des points à l’origine des problèmes:

- une répartition des richesses de plus en plus inégalitaire;

- une construction européenne qui tourne le dos au progrès social car elle ne cesse de renforcer le néolibéralisme et les politiques restrictives, pénalisant les travailleurs et les citoyens;

- une déréglementation généralisée, notamment en matière financière.

Sur le premier point, force est de constater que les choses ne se sont pas arrangées. Elles se sont même aggravées avec la crise au travers notamment du chômage (+700 000 en France), d’une pauvreté croissante, de réduction de la fiscalité pour les plus aisés, de tensions sur les salaires.

Sur le deuxième point, l’exemple du pacte «euro-plus»* confirme l’ancrage de la construction européenne dans une démarche d’austérité qui éloigne de plus en plus l’Europe des attentes populaires.

Sur le troisième point pas grand-chose n’a été fait, les paradis fiscaux et centres financiers off-shore continuant à exister, les banques continuant à mélanger activité de dépôt et activités spéculatives.

En fait, les gouvernements ont pour le moment surtout étouffé l’incendie à coups de milliers de milliards d’euros ou de dollars, mais la braise est toujours là.

Ce qui signifie que la crise, tel un volcan, peut repartir de plus belle avec une différence notable par rapport à 2008-2009: les sommes astronomiques engagées ont fait exploser les déficits publics et les marges de manœuvre sont aujourd’hui plus restreintes. Les institutions financières, à l’origine de la crise, ont de fait capté l’argent des citoyens pour «se refaire» et repartir de plus belle.

Tout cela explique pourquoi, dans certains des pays les plus touchés (Grèce ou Espagne par exemple), l’exaspération monte et l’indignation s’exprime.

Comment ne pas comprendre ce qui s’est passé en Espagne où 20% des actifs sont au chômage, où près d’un jeune sur deux ne trouve pas de travail et est ainsi empêché d’acquérir son autonomie et sa liberté?

Dans une telle situation le rôle des syndicats est essentiel. D’abord en réaffirmant clairement et fortement les revendications. C’est le cas en matière de salaires. L’augmentation du pouvoir d’achat des salaires est non seulement une attente forte, c’est aussi un levier essentiel pour obtenir une autre répartition des richesses et un changement de politique économique, le deuxième étant la fiscalité.

En France, nos revendications en la matière s’adressent au gouvernement vis-à-vis de ses propres salariés. Elles concernent également le SMIC qui devrait, selon nous, atteindre 80% du salaire médian (actuellement de 1 600 euros net par mois). Ce qui suppose plusieurs coups de pouce significatifs.

De même, notre revendication de prime transport (pour le transport individuel), de l’ordre de 400 euros par an minimum, doit être activée.

Outre les salaires, nos revendications portent aussi, bien entendu, sur les régimes sociaux, les conditions de travail, les services publics ou la stratégie industrielle.

Il est important de montrer la cohérence de nos revendications. Il ne s’agit pas d’avoir un «projet», car nous restons et resterons un syndicat. Mais nos revendications, en visant à l’émancipation des travailleurs, contribuent aussi à combattre la logique du système. Réformistes et rebelles, tels nous sommes, tels nous devons rester.

* Cf. précédent éditorial.



http://www.force-ouvriere.fr/

mercredi 11 mai 2011

Un acte de résistance sociale et républicaine

L'Éditorial de Jean-Claude Mailly , Secrétaire général de Force Ouvrière, daté du mercredi 11 mai 2011

À l'occasion d'une conférence de presse, le 3 mai*, nous avons présenté le livre noir de la RGPP que nous avons réalisé et actualisé, y compris avec des exemples locaux.

Conformément à notre attachement à la république sociale et à ses trois piliers (services publics, régimes sociaux, conventions collectives et statuts nationaux), nous avons publiquement dénoncé les atteintes graves aux principes républicains et aux droits des usagers-citoyens.

De fait, au travers d'une démarche idéologico-budgétaire, la réduction à marche forcée des dépenses publiques conduit à des suppressions d'effectifs, de missions, de services publics.

Exemples à l'appui, nous avons expliqué que la RGPP se traduisait, y compris, par des problèmes importants de sécurité civile ou sanitaire. C'est le cas quand l'État veut se dégager de sa responsabilité dans la gestion de l'hydraulique (surveillance, prévention et gestion des crues) ou quand les abattoirs ne seront plus tenus d'être contrôlés par les services sanitaires.

C'est encore le cas quand la fermeture de services d'urgences et le surbooking des SMUR conduisent à ne pas pouvoir traiter tous les patients et mettent les soignants dans l'obligation de faire des choix déchirants.

C'est aussi le recours possible à des privés pour les procédures d'immatriculation des véhicules, qui conduit à faciliter les erreurs ou trafics.

C'est encore le cas quand, confronté à des problèmes budgétaires, un commissaire de police demande à ses officiers de faire un vide-grenier pour équiper le commissariat.

Vous retrouverez tous ces exemples dans notre livre noir.

Combattre la RGPP et exiger son arrêt est donc un acte de résistance sociale et républicaine indispensable. Cela ne concerne pas que les fonctionnaires, cela concerne tout le monde.

Nous n'avons pas attendu que la campagne électorale pour les élections du 20 octobre 2011 commence pour découvrir les méfaits de la RGPP. Dès 2007 nous avions tiré la sonnette d'alarme.

Une fois de plus nos analyses sont confirmées. À nous tous de les faire connaître, y compris dans la perspective du 20 octobre 2011.

«Je-Nous-Tous avec FO!» est le slogan retenu par la Fédération générale des Fonctionnaires Force Ouvrière.

Notre campagne s'inscrit dans le cadre de la défense et de la promotion des droits individuels et collectifs, sociaux et républicains.

C'est aussi pour cela que nous condamnons la volonté de modifier la Constitution pour y intégrer l'interdiction du déficit budgétaire, tout comme nous condamnons sur le plan européen le «pacte euro», qui veut enraciner l'austérité. Cela s'appelle être cohérent.

* Tenue avec les fédérations des fonctionnaires et des services publics et de santé. 

Service Public:
Je Nous Tous avec FO

Publication

RSA ET «SERVICE SOCIAL» OBLIGATOIRE

Le ministre français des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, a déclaré, dimanche, vouloir déposer un projet de loi pour instaurer un plafonnement du cumul de tous les minima sociaux à 75% du SMIC et imposer à tous les bénéficiaires du RSA (Revenu de solidarité active) un «service social» de cinq heures hebdomadaires. Un service de travail obligatoire en quelque sorte...

Les Échos
Laurent Wauquiez «a annoncé son intention de déposer dans les dix jours une proposition de loi imposant notamment à tout bénéficiaire du RSA de faire «cinq heures de travail social» par semaine, non payées». Une idée directement inspirée du gouvernement conservateur britannique.

La Provence
«Quelle est, pour moi, la principale injustice dans notre pays? C’est que celui qui travaille n’ait pas un véritable écart avec celui qui bénéficie des minima sociaux», a-t-il dit sur RMC et BFM TV. «Cette situation-là est pour moi le cancer de la société française.» Comme quoi le Dr Diafoirus a trouvé un emploi.

La Tribune
«Laurent Wauquiez veut limiter l’assistanat», et a évoqué «la possibilité que les allocataires assument des tâches de surveillance des sorties d’école, de nettoyage ou d’accueil de services publics». Et pourquoi pas à Pôle emploi tant qu’on y est?

Le Parisien
«Cela me paraît encore une fois, comme d’habitude avec ce gouvernement, désigner les chômeurs, ceux qui bénéficient du RSA comme les responsables, comme les coupables, comme les boucs émissaires de la crise, et ça c’est tout à fait insupportable», a estimé un député de l’opposition.

Le Figaro
«Le RSA, ce n’est pas de l’assistanat, c’est la société qui assure un moyen de survivre à des gens qui sont au bout de tout», a estimé une autre personnalité de l’opposition pour qui ces propos ont pour but «d’essayer de rameuter l’électorat d’extrême droite et de diviser notre peuple». La campagne électorale tend à creuser des sillons...

France-Soir
Les propos tenus par Laurent Wauquiez sont «démagogiques», a déclaré Nicole Maestracci, la présidente de la FNARS (Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale), ajoutant que «la réalité aussi c’est que Pôle emploi, qui devait accompagner les personnes bénéficiaires du RSA, a beaucoup de mal à le faire».

La Croix
«Il y a toujours l’idée qu’il y a des gens qui sont des fainéants, qui touchent une prestation sans rien faire et la réalité n’est pas celle-là», a jugé Nicole Maestracci. Pour elle, «le principal problème, c’est qu’aujourd’hui il n’y a pas d’emplois pour un certain nombre de personnes très en difficulté». Emploi, vous avez dit emploi?

 

Le suicide d'un inspecteur du travail lié au "rythme effréné des réformes"

L'inspecteur du travail qui s'est suicidé mercredi dans des locaux du ministère du Travail a été conduit "à une impasse" par "le rythme effréné des réformes, qui broient les services de l'Etat et leurs agents", a estimé jeudi le syndicat auquel il appartenait.

Photographe : Jack Guez :: Un code du Travail photo : Jack Guez, AFP

 

L'inspecteur de 52 ans, marié et père de deux enfants, s'est jeté dans la cage d'escalier de la direction de l'administration générale et de la modernisation des services (DAGEMO), qui regroupe les services du ministère chargés du travail à Paris. Il était secrétaire national du SNUTEFE-FSU, syndicat qui regroupe des agents chargés du travail, de la formation et de l'emploi, et qui dispose d'un local à la DAGEMO.
"Le rythme effréné des réformes, qui broient les services de l'Etat et leurs agents et détruisent les valeurs du service public, et l'incessant simulacre de dialogue social auront conduit (l'inspecteur) à l'épuisement et à une impasse", a écrit le syndicat dans un communiqué.
"La dureté des relations sociales au sein de ce ministère - suprême paradoxe! - ainsi que celle des relations intersyndicales l'affectaient profondément", a ajouté l'organisation.
Pour Lise Rueflin, membre de son syndicat, "le fait qu'(il) soit parti dans les locaux mêmes du ministère, c'est loin d'être anodin".
Le SNUTEFE-FSU souligne que "ce geste intervient dans un contexte où le rouleau compresseur de la RGPP déstabilise les individus et les missions du ministère du Travail".
Vaste programme de réorganisations et d'économies de l'Etat, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) a été lancée en 2007 pour réduire les dépenses. Elle prévoit notamment le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Mardi, Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, avait accusé la RGPP d'être à l'origine d'un mal-être des fonctionnaires, affirmant qu'elle "se traduit aussi par des morts", et appelant à son arrêt.
Selon FO, les suicides de fonctionnaires ont augmenté de 5 à 6% ces dernières années avec de plus en plus de passages à l'acte sur les lieux de travail. M. Mailly avait réclamé que le "ministère sorte les statistiques sur le suicide au travail", pour l'heure inexistantes. "Peut-être se rendront-ils compte que la RGPP tue", avait-il ajouté.
Pour Jean-Michel Nathanson (Solidaires), "le mal être au travail est vraiment quelque chose qui s'intensifie dans la fonction publique", notamment en raison d'une "pression de plus en plus accrue sur les personnels" ou de "la dégradation des conditions de travail avec les suppressions de poste".
"De plus en plus, on nous fait remonter un mal être au travail avec des choses poussées à l'extrême comme des suicides", a-t-il indiqué à l'AFP. "Donc, oui on peut le dire, la RGPP tue", a-t-il ajouté.
Bernadette Groison (FSU), interrogée jeudi par le Parisien, affirme elle aussi qu'"on est confronté à de plus en plus de catastrophes individuelles de ce type".
"Les fonctionnaires entrent dans la fonction publique parce qu'ils croient au service public, en la laïcité ou l'égalité. Le problème, c'est qu'on ne leur demande pas de croire en des valeurs mais d'obtenir des résultats et faire du chiffre", déplore-t-elle.

AFP.

Nos pensée à notre camarde syndicaliste Luc Beal-Rainaldy qui s'est suicidé

J'ai appris avec une immense émotion la mort de Luc Beal-Rainaldy, qui vit à Fontenay sous Bois... et dont l'enterrement a lieu vendredi à 16 heures...
 
Le suicide de cet inspecteur du travail, dans les locaux même du Ministère du Travail, a été pour moi un véritable choc.
 Mes pensées vont à sa famille, sa femme et ses enfants, à ses proches ainsi qu’à l’ensemble de ses collègues.
Je leur adresse mon plus sincère soutien et mes plus vives condoléances.

Fabienne Chiche
Déléguée syndicale FO

jeudi 5 mai 2011

Pétition en ligne pour l'abrogation du protocole pigistes !


A tous les journalistes

Le 24 mars dernier, la Cour d’appel de Paris a confirmé le caractère illicite de plusieurs dispositions du « protocole d’étape pigistes » du 7 novembre 2008, sans toutefois invalider la totalité du texte.

Par delà cette décision de justice, l’appréciation que le SGJ-FO porte sur ce texte n’a pas changé. Il demeure aux mains de nos employeurs une arme de destruction des droits des pigistes, de la loi Cressard et, partant, une menace pour la Convention collective et le statut des journalistes.

De plus, l’arrêté d'extension dont cet accord minoritaire a fait l’objet risque de favoriser grandement les visées des employeurs.

Ce texte qui a le culot de se présenter comme un texte de protection des pigistes n’a qu’un unique but, celui d'aggraver la situation des plus précaires d'entre nous, pour remettre en cause :
  • le maintien conventionnel de salaire en cas de maladie, maternité, accident du travail
  • le paiement annuel, conformément à la convention collective, des congés payés et du 13e mois en sus du montant de la pige
  • le paiement de l'ancienneté dans l'entreprise et dans la profession qui doit s’ajouter au salaire de base conformément  à la convention collective.
  • le droit de voter et se présenter aux élections professionnelles,
  • le droit à la formation professionnelle
  • l'inscription au registre unique du personnel

Ne laissons pas faire ! C’est un véritable basculement qui menace notre profession.

Avec le SGJ-FO, nous estimons
  • que cet arrêté ministériel d’extension doit être annulé,
  • que l’accord d’étape pigistes doit être abrogé.

Nous appelons à la réalisation de l'unité la plus large de la professionsur ces deux exigences.

Nous appelons l'ensemble des journalistes à contresigner cet appel pour préparer dans l'unité un rassemblement devant le ministère du Travail.

Nous appelons l’ensemble des journalistes à contresigner cet appel pour préparer dans l’unité un rassemblement devant le ministère du Travail.
Signature sur : http://defensedespigistes.hautetfor…